
Chaque année, quand l'école se termine, plein de parents se posent les mêmes questions :
Et honnêtement, je comprends très bien ces inquiétudes. Quand notre enfant a travaillé fort pendant toute l'année scolaire, surtout s'il a rencontré certaines difficultés en lecture, en écriture ou en mathématiques, c'est normal de vouloir protéger tous les efforts qui ont été investis.
Pendant longtemps, on a beaucoup entendu parler de la fameuse « glissade de l'été », cette idée selon laquelle les enfants perdraient une partie importante de leurs acquis scolaires pendant les vacances. Certaines personnes vont même jusqu'à croire qu'il faut absolument continuer à faire de l'école à la maison pendant l’été pour éviter un recul.
Mais est-ce vraiment ce que montrent les recherches ?
J'ai pris le temps de me replonger dans les études les plus récentes sur le sujet et les résultats sont beaucoup plus nuancés qu'on pourrait le penser.
La bonne nouvelle ? Les vacances n'ont pas besoin de ressembler à une prolongation de l'année scolaire pour être bénéfiques.
Dans cet article, je vais t'expliquer ce que les recherches nous apprennent réellement sur la perte des acquis pendant l'été, quels enfants semblent plus à risque, quelles matières sont davantage touchées et surtout, comment soutenir les apprentissages de façon naturelle et agréable pendant les vacances.
Si tu as déjà entendu dire qu’un enfant perd environ un mois d’apprentissage pendant l’été, tu n’es pas seule. Cette idée circule depuis longtemps et elle est encore très présente dans les discussions entre parents, enseignant·e·s et intervenant·e·s.
Pendant plusieurs années, les connaissances disponibles semblaient effectivement montrer qu’une partie des acquis scolaires se perdait pendant les vacances. Certaines études rapportaient même jusqu’à deux mois de recul en mathématiques chez certains groupes d’élèves. 😬
Pas étonnant que plusieurs parents se demandent s’ils devraient continuer à faire travailler leur enfant pendant l’été !
L’idée de la « glissade de l’été » repose sur l’observation que plusieurs enfants obtiennent des résultats légèrement moins élevés lorsqu’ils sont évalués après les vacances qu’à la fin de l’année scolaire précédente.
À partir de ces observations, on a longtemps conclu que les vacances entraînaient une perte importante des apprentissages.
Pour plusieurs familles, cette croyance est devenue presque une évidence. Les cahiers de vacances, les exercices à faire pendant l’été ou les révisions scolaires étaient souvent présentés comme une façon d’éviter que les acquis disparaissent.
Mais comme c’est souvent le cas en recherche, les conclusions évoluent lorsque de nouvelles études sont réalisées.
Les recherches plus récentes dressent un portrait beaucoup plus nuancé.
Et ce qu’elles montrent, c’est que les pertes observées sont généralement moins importantes qu’on le croyait auparavant.
Autrement dit, oui, certains enfants peuvent avoir besoin d’un peu de temps pour « se remettre dedans » quand il retourne en classe. Oui, certaines notions peuvent être moins faciles à retrouver après plusieurs semaines sans les utiliser.
Mais on est loin d’un scénario catastrophe où tous les apprentissages de l’année semblent avoir disparu. 😊
Les recherches actuelles suggèrent plutôt que la situation est beaucoup plus complexe. Les effets observés varient d’un enfant à l’autre et dépendent de plusieurs facteurs, notamment des difficultés déjà présentes avant l’été et des occasions de stimulation auxquelles l’enfant a accès pendant les vacances.
Bref, la perte des acquis existe parfois, mais elle est généralement beaucoup moins dramatique que ce qu’on a longtemps cru.
Une des choses les plus importantes à retenir lorsqu'on parle de perte des acquis pendant l'été, c'est que tous les enfants ne vivent pas la même réalité.
Quand on entend parler de « glissade de l'été », on pourrait avoir l'impression que tous les jeunes sont touchés de la même façon. Pourtant, les recherches montrent que ce n'est pas le cas.
Certains enfants reprennent l'école en septembre sans difficulté particulière. Après quelques jours, ils retrouvent rapidement leurs repères et leurs habitudes scolaires.
D'autres auront besoin d'un peu plus de temps pour se remettre dans le rythme. Ça ne veut pas nécessairement dire qu'ils ont perdu leurs acquis. Souvent, ils doivent simplement réactiver certaines connaissances qui étaient moins sollicitées pendant les vacances.
Les études montrent également que les jeunes qui présentaient déjà des difficultés scolaires avant l'été semblent plus à risque de vivre certains défis au retour en classe.
C'est d'ailleurs un élément important à comprendre. Pendant longtemps, on a parfois interprété les résultats obtenus à la fin de l'été comme une preuve que les vacances avaient causé un recul important. Mais dans plusieurs cas, les enfants qui obtenenaient de moins bons résultats étaient déjà ceux qui éprouvaient davantage de difficultés pendant l'année scolaire.
Autrement dit, ce n'est pas toujours l'été qui crée la difficulté. Souvent, il met simplement en lumière des défis qui étaient déjà présents.
Le contexte dans lequel l'enfant passe son été peut également jouer un rôle.
Les enfants qui ont accès à des conversations stimulantes, à des activités variées, à des livres, à des jeux ou à de nouvelles expériences continuent naturellement à solliciter plusieurs habiletés importantes. À l'inverse, certains jeunes auront moins d'occasions de pratiquer ces compétences au quotidien.
Et attention : je ne suis pas en train de dire qu’il faut absolument organiser un été rempli d'activités éducatives ou de multiplier les sorties coûteuses.
Une discussion dans l'auto, une recette préparée en famille, un jeu de société, une visite au parc ou une histoire racontée avant le coucher peuvent déjà offrir de belles occasions d'apprentissage. 😊
C'est pourquoi il est difficile de faire des généralisations lorsqu'on parle de perte des acquis. Chaque enfant arrive avec ses forces, ses défis, son environnement et ses expériences. Ce sont tous ces éléments qui influencent la façon dont il vivra la transition entre l'été et le retour à l'école.
Quand on regarde les études récentes, une tendance ressort assez clairement : les mathématiques semblent être plus vulnérables à la perte des acquis pendant l'été que la lecture.
Ça ne veut pas dire que tous les enfants vont oublier comment faire des calculs pendant les vacances. Mais certaines habiletés mathématiques paraissent plus fragiles lorsqu'elles ne sont pas pratiquées pendant plusieurs semaines.
Les difficultés observées concernent surtout le calcul mental, la fluidité des calculs et certaines procédures plus spécifiques. En septembre, certains jeunes auront besoin d'un peu de temps pour retrouver leurs automatismes et reprendre leurs repères.
Du côté de la lecture, les pertes sont généralement moins importantes.
Bien sûr, chaque enfant est différent, mais dans l'ensemble, la lecture semble mieux résister à la pause estivale.
Pourquoi cette différence ?
Les études ne permettent pas de répondre avec certitude à cette question, mais j'ai tout de même une hypothèse. 🤓
Le langage est partout dans notre quotidien. Même lorsque l'école est terminée, les enfants continuent de parler, d'écouter, de poser des questions, de raconter leurs aventures et d'apprendre de nouveaux mots. 🗣️
Que ce soit pendant un souper en famille, dans la voiture, au terrain de jeu ou lors d'une sortie, les habiletés langagières continuent d'être sollicitées naturellement.
La lecture est également souvent présente dans la vie de plusieurs familles. On lit une histoire avant le coucher, on consulte une affiche, on regarde le menu d'un restaurant ou on cherche de l'information sur une activité à faire pendant les vacances.
Les mathématiques, elles, sont parfois moins visibles.
À moins de créer volontairement certaines occasions, on demande rarement à notre enfant de résoudre des problèmes ou de pratiquer son calcul mental pendant ses vacances.
Ça pourrait expliquer pourquoi certaines habiletés mathématiques semblent plus sensibles à une longue période sans pratique.
La bonne nouvelle, c'est que plusieurs activités du quotidien permettent de continuer à stimuler ces apprentissages de façon naturelle et agréable. Et c'est justement ce que nous allons voir dans la prochaine section. 😊
Après avoir lu tout ça, tu te demandes peut-être : « OK, mais concrètement, qu'est-ce que je fais cet été ? »
Est-ce qu'il faut continuer à faire travailler son enfant ? Revoir les notions de l'année précédente ? Maintenir les suivis avec les différent·es professionnel·les ?
Comme souvent lorsqu'on parle de développement et d'apprentissage, la réponse se trouve quelque part dans la nuance.
D'abord, je pense qu'il est important de rappeler une chose : les enfants ont besoin d'une pause.
Après plusieurs mois passés à l'école, à suivre des consignes, à faire des travaux, à étudier et à répondre à des attentes académiques, les vacances permettent de souffler un peu. Elles offrent l'occasion de jouer davantage, de vivre de nouvelles expériences, de passer du temps en famille et simplement d'être des enfants.
C'est pourquoi je ne crois pas qu'il soit nécessaire de recréer l'école à la maison pendant tout l'été.
Personnellement, je n'ai jamais recommandé d'acheter un cahier pour refaire systématiquement les notions de l'année scolaire précédente. Pour plusieurs familles, ça devient rapidement une source de frustration et de conflits plutôt qu'un moment agréable.
Mais attention : ne pas faire l'école à la maison ne veut pas dire arrêter complètement de soutenir les apprentissages.
Au contraire !
L'été regorge d'occasions de stimuler le langage, la lecture, l'écriture, les mathématiques et même plusieurs autres habiletés importantes, sans avoir l'impression de faire des devoirs. 🌞
L'objectif, c’est de trouver un équilibre entre le besoin de repos et le besoin de stimulation.
Pour certains enfants qui présentent des difficultés plus importantes, certaines activités ciblées ou certains suivis peuvent également être bénéfiques.
Les recherches montrent d'ailleurs que des programmes d'intervention estivaux peuvent contribuer à maintenir ou même à améliorer certains acquis. Ce n'est pas particulièrement surprenant : lorsqu'on pratique une habileté, on continue généralement à la développer.
Mais même dans ces situations, je pense qu'il est préférable que les activités demeurent agréables, fonctionnelles et ancrées dans le quotidien plutôt que de reproduire exactement ce qui se fait à l'école.
Une autre chose que je trouve importante, c'est de partir des besoins réels de son enfant.
Si ton jeune éprouve davantage de difficultés en orthographe, en calcul mental, en compréhension de lecture ou dans l'organisation de ses idées, ça peut être utile de garder ces défis en tête lorsque tu choisis certaines activités estivales.
Voyons maintenant quelques façons simples et concrètes d'intégrer ces apprentissages dans ton quotidien cet été.
Une grande partie du développement du langage se fait simplement en vivant des expériences et en discutant avec les personnes qui nous entourent. 😊
L'été est justement rempli de belles occasions pour le faire.
Une sortie au parc, une journée à la plage, une visite chez des proches ou même un simple trajet en voiture peuvent devenir des moments riches pour soutenir le langage.
Par exemple, avant une activité, tu peux inviter ton enfant à faire des prédictions :
Ces questions l'amènent à réfléchir, à organiser ses idées et à utiliser son langage pour exprimer sa pensée.
Pendant l'activité, tu peux aussi prendre le temps de décrire ce que vous observez ensemble, de comparer différentes expériences ou encore de discuter de ce qui vous surprend.
Après coup, tu peux revenir sur ce que vous avez vécu :
Toutes ces conversations permettent de développer le vocabulaire, la compréhension, le raisonnement et la capacité à raconter.
L'été offre également de nombreuses occasions d'exposer les enfants à de nouveaux mots.
Lorsqu'on découvre un nouvel endroit, qu'on visite un musée, qu'on fait une randonnée ou qu'on participe à une activité inhabituelle, on rencontre naturellement du vocabulaire qu'on n'utilise pas tous les jours.
Et c'est souvent dans ces contextes concrets que les nouveaux mots s'apprennent le mieux.
Bref, parler, raconter, expliquer, comparer, imaginer et discuter restent probablement parmi les meilleures façons de soutenir les apprentissages pendant l'été. 🗣️
La lecture est probablement l'habileté scolaire la plus facile à intégrer naturellement dans les vacances.
Et non, je ne parle pas nécessairement de demander à ton enfant de lire un roman pendant une heure chaque jour.
L'idée est plutôt de profiter des occasions qui se présentent dans le quotidien.
Si vous préparez une sortie, vous pouvez consulter ensemble le site web de l'endroit que vous allez visiter. Si vous êtes en voiture, ton enfant peut essayer de lire certains panneaux. Lors d'une visite dans un musée ou une exposition, il peut repérer des mots, lire un titre ou essayer de comprendre ce qui est écrit sur une affiche.
Au restaurant, tu peux regarder le menu avec ton enfant et l’aider à faire son choix.
J'aime particulièrement cette approche parce qu'elle permet à l'enfant de voir que la lecture sert à quelque chose.
Si ton enfant éprouve davantage de difficultés en lecture, l'été peut aussi être une belle occasion de lui faire découvrir des formats différents : romans graphiques, bandes dessinées, livres documentaires, magazines ou livres sur un sujet qui le passionne.
Plus la lecture est agréable, plus il y a de chances qu'elle trouve naturellement sa place dans le quotidien.
L'écriture peut sembler un peu plus difficile à intégrer naturellement dans les vacances, mais il existe en réalité une foule de possibilités.
Une des plus simples consiste à préparer une liste ensemble.
Une liste pour les vacances, une liste d'épicerie ou une liste de choses à apporter pour une activité permettent déjà de pratiquer l'écriture dans un contexte concret.
Si vous partez en voyage, ton enfant pourrait également écrire une carte postale à un membre de la famille ou tenir un petit journal de vacances. ✈️
Tu peux aussi proposer à ton enfant d'écrire les indices d'une chasse au trésor ou de noter une recette familiale qu'il aime particulièrement.
J'aime beaucoup cette dernière idée parce qu'elle donne une véritable utilité à l'écriture. On écrit pour conserver une information importante et pouvoir la réutiliser plus tard.
Encore une fois, on s'éloigne du contexte scolaire tout en continuant à pratiquer des habiletés essentielles.
Comme les mathématiques semblent être plus vulnérables à la perte des acquis pendant l'été, il peut être intéressant de créer quelques occasions de les utiliser naturellement dans le quotidien.
Heureusement, elles sont partout lorsqu'on commence à les chercher. 😊
La cuisine est probablement un des meilleurs exemples.
Lorsqu'un enfant mesure des ingrédients, compare des quantités, double une recette ou la réduit de moitié, il utilise plusieurs notions mathématiques sans même s'en rendre compte.
Les fractions deviennent soudainement beaucoup plus concrètes lorsqu'on manipule réellement une demi-tasse ou un quart de tasse.
Les jeux de société sont également de précieux alliés.
Plusieurs jeux demandent de compter, d'additionner, de calculer un score ou d'estimer certaines quantités. Les jeux de cartes et les jeux de dés permettent eux aussi de pratiquer différentes habiletés mathématiques dans un contexte ludique.
Et ce n'est pas tout.
Ces jeux sollicitent également l'attention, la mémoire, la planification, la résolution de problèmes et le contrôle de l'impulsivité. Toutes ces habiletés (qu'on appelle les fonctions exécutives) jouent un rôle important dans les apprentissages scolaires.
L'argent constitue aussi une excellente occasion de pratiquer les mathématiques.
Si ton enfant reçoit un budget pour une activité ou pour acheter des souvenirs pendant les vacances, tu peux l'inviter à calculer combien il lui reste après un achat, à comparer différents prix ou à réfléchir aux choix les plus avantageux.
Encore une fois, l'objectif n'est pas de recréer un cours de mathématiques.
L'idée est simplement de profiter des situations du quotidien pour garder ces habiletés actives, tout en continuant à profiter pleinement de l'été.
Si tu ne devais retenir qu'une seule chose de cet épisode, ce serait probablement celle-ci : l'été n'a pas besoin de ressembler à l'école pour être favorable aux apprentissages.
Pendant longtemps, on a beaucoup parlé de la fameuse « glissade de l'été ». Les recherches récentes montrent toutefois que la réalité est beaucoup plus nuancée qu'on le croyait.
Oui, certains enfants peuvent avoir besoin d'un peu de temps pour retrouver leurs repères au retour en classe.
Oui, certaines habiletés (particulièrement en mathématiques) semblent un peu plus vulnérables lorsqu'elles sont moins sollicitées pendant plusieurs semaines.
Mais dans l'ensemble, les pertes observées sont généralement moins importantes que ce que plusieurs parents imaginent.
Avant de planifier ton été, je t'invite à te poser une question toute simple :
« Quelles sont les habiletés que j'aimerais continuer à soutenir chez mon enfant dans les prochains mois ? »
À partir de là, il devient beaucoup plus facile de repérer des occasions de les intégrer dans votre quotidien, sans pression et sans transformer les vacances en prolongation de l'année scolaire. ✨
Sur ce, je te souhaite un super bel été ! 😁
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Oui, une légère perte des acquis peut survenir pendant l’été, mais les recherches récentes montrent que le phénomène est beaucoup moins important que ce que l’on croyait auparavant. Les études les plus récentes indiquent que les reculs observés sont généralement modestes et concernent davantage certains groupes d’enfants.
Les enfants ayant des difficultés scolaires ou vivant dans des contextes où ils ont moins accès à des activités stimulantes sont plus susceptibles de connaître une baisse de leurs performances à la rentrée. Les études montrent que les écarts observés concernent principalement ces jeunes plutôt que l’ensemble des élèves.
Les mathématiques semblent être plus vulnérables que la lecture. Les difficultés concernent notamment la fluidité du calcul mental, certaines procédures mathématiques et la résolution de problèmes. À l’inverse, les compétences en lecture sont généralement mieux préservées pendant l’été.
Ce n’est pas nécessairement la meilleure solution. Les vacances sont aussi une période de repos importante pour les enfants. Il est souvent plus pertinent de stimuler les apprentissages de façon naturelle et agréable à travers les activités du quotidien plutôt que de reproduire le contexte scolaire à la maison.