Épisode 29

Comment aider son enfant à mieux prononcer

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Lorianne Lacerte - Icône - Apple podcastÉcouter sur GoogleÉcoutez sur Spotify

C'est le début de la saison 2 ! Lorianne nous explique que cette année, dans le podcast, elle continuera d'accueillir des invités et de parler du développement du langage chez les enfants préscolaires, mais qu'elle va aussi approfondir les notions de lecture et d'écriture. 

En 9 mois, le total de téléchargements des épisodes du podcast s'est élevé à 9000 ! Lorianne est bien contente, surtout puisqu'elle avait comme objectif au début du podcast d'atteindre 10 000 téléchargements en un an (ce qu'elle trouvait assez ambitieux).

Encore une fois, Lorianne vous invite à communiquer avec elle si vous avez des suggestions de sujets à aborder lors du podcast, des commentaires, des questions, etc. !

Après ces petites annonces, Lorianne se lance dans le vif du sujet : la prononciation. C'est un sujet dont elle a déjà parlé lors de la saison 1, mais comme c'était l'épisode le plus écouté de la saison, elle a décidé d'en reparler, mais sous un angle différent !

Pour commencer, Lorianne explique la nuance entre un enfant qui a déjà été vu en orthophonie (et qui a donc un plan d'intervention et des objectifs en ce qui concerne les sons qu'il doit travailler) et un enfant qui n'a jamais été vu (et pour qui les sons à travailler n'ont pas été ciblés). Si l'enfant n'a pas été vu par une orthophoniste, le parent ou l'éducateur devra faire bien attention à sa manière de cibler les sons et de les travailler avec l'enfant.

Par contre, que l'enfant ait été vu en orthophonie ou non, une stratégie s'applique dans tous les cas. La voici :

  • Donner le bon modèle verbal, c'est-à-dire redire le mot en corrigeant l'erreur produite par l'enfant. Par exemple, si l'enfant dit : « une totue ! », on peut répondre : « oui, une tortue ! », ou bien s'il dit « un tamion » on peut dire : « oui, un camion ». On peut mettre l'emphase sur le son mal prononcé de deux façons :
  1. En l'exagérant (ex. « oui, un caaaamion »).
  2. En segmentant le mot en syllabes (ex. « un caaaa-mion »). Il est important d'allonger la voyelle de manière à ne pas laisser trop de temps entre les deux syllabes, car le but est que l'enfant puisse produire tout le mot, et pas seulement une syllabe à la fois​.

Si l'enfant est en plein milieu d'une histoire et qu'on ne veut pas le couper pour donner le bon modèle verbal, on peut tout simplement dire le mot correctement (un peu en écho) sans pour autant interrompre l'enfant et l'empêcher de poursuivre sa narration.

Comment pratiquer la prononciation avec un enfant qui n'a jamais été évalué en orthophonie ?

Lorianne accentue l'importance d'être prudent en choisissant les sons à travailler avec l'enfant. En réalité, nous ne voudrions pas nous concentrer sur des sons qui ne devraient pas être acquis par l'enfant à son âge. Il faut aussi prendre en compte le fait que parfois, ce n'est le son qui pose problème, mais sa position dans le mot ou la structure du mot. Essayez de noter les transformations que fait votre enfant, et référez-vous toujours à ce qui est attendu en fonction du développement.

Voici des exemples de transformations :

  • si l'enfant dit « apin » au lieu de « lapin », c'est soit parce qu'il a de la difficulté à produire le son « l », ou parce qu'il a de la difficulté à produire le son des premières consonnes dans les mots (vers 2 ans ½, l'enfant devrait être capable de le faire) ;
  • si l'enfant dit « bana » au lieu de « banane », on comprend que c'est le dernier son qui est difficile pour l'enfant et non le son « n » comme tel, car il l'a produit correctement au début du mot (vers environ 3 ans, l'enfant devrait être capable de terminer les mots) ;
  • si l'enfant dit « panpalon » au lieu de « pantalon » ou « éphant » au lieu de « éléphant », l'enfant a de la difficulté avec les sons en milieu de mots plus longs (les mots de 3 syllabes devraient être produits correctement vers 3 ans ½ ou 4 ans).​

En gros, les sons qui devraient être en voie d'acquisition (c'est-à-dire bien produits environ 75% du temps) pour les enfants sont ceux-ci, selon l'âge :

  • 2 ans : p/b/m/t/d/n
  • 3 ans ½ : c/z/f/v/gn
  • 4 ans : k/g (commence à dire les « r »)
  • 5 ans et plus : ch/j/r et les groupes consonantiques (ex. bl/fr/tr, etc.)

Que faire, par exemple, si votre enfant de 4 ans ne prononce pas bien les « k » dans les mots ?
D'abord, essayez de voir si votre enfant est capable de faire ce son seul (pas dans un mot). Si l'enfant est capable, cela veut dire que le son est stimulable. L'enfant ne prononce pas toujours bien le son dans les mots, mais il sait le prononcer correctement. Si l'enfant n'est pas du tout capable de faire le son correctement, n'essayez pas de le travailler avec lui. Attendez un peu, car l'enfant n'est peut-être pas encore rendu là dans son développement, ou il a peut-être besoin qu'une orthophoniste lui montre comment faire. Si le son est trop difficile pour l'enfant, n'insistez pas, car on ne voudrait surtout pas qu'il se décourage et qu'il ne veuille plus faire le son plus tard !

Comment aider un enfant avec la prononciation au quotidien et dans le plaisir ?

Voici quelques conseils :

  1. Utilisez des jouets en 3D ou des objets. Par exemple, pour stimuler le son « t » en fin de mot, l'enfant pourrait jouer avec des tomates ou aider à préparer les tomates pour le souper.
  2. Mettez des mots partout. Par exemple, pour stimuler le son « f », allez sur Internet et imprimez des images de mots qui contiennent ce son, comme « feu », « fou », « fesse », puis collez-les un peu partout dans la maison. Si vous collez une image de feu sur le frigo, vous pouvez dire à l'enfant qu'il doit dire ce mot comme mot de passe pour ouvrir le frigo. Vous pouvez aussi mettre les images sur une corde à linge et nommer les mots chaque jour avec l'enfant en passant devant, ou faire une chasse-au-mot et demander à l'enfant de trouver des images de mots que vous avez cachés et de dire le mot quand il le trouve.

Au quotidien, il est important de ne pas demander à l'enfant de répéter, car on ne veut pas briser l'échange qu'on a avec lui. Si on fait un jeu pour stimuler le langage de l'enfant, on peut essayer de motiver l'enfant à réessayer de dire un mot. Par exemple, si vous travaillez avec des images et que l'enfant dit « panpalon », on peut lui dire : « écoute bien : un pantaaaalon ». L'enfant pourrait répondre « panpaaaalon », suite à quoi on pourrait dire : « encore une fois, écoute bien : pantaaaalon ». Si l'enfant le dit bien, on le félicite chaleureusement et on dit : « encore deux fois ! Pantaaaalon », on attend que l'enfant répète bien, et on le laisse faire le dernier tout seul.

​En bref, plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi votre enfant a de la difficulté à dire certains sons. Il faut être patient et prudent lorsqu'on travaille avec lui !

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