Mini-série - Épisode 3

Comment ne pas nuire à son enfant sans le savoir

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Lorianne Lacerte - Icône - Apple podcastÉcouter sur GoogleÉcoutez sur Spotify

Bienvenue au troisième épisode de ma mini-série sur l’accompagnement parental !

Aujourd’hui, je te jase de comment, en tant que parent, c’est possible de nuire au développement du langage de notre enfant. 

Qu’est-ce que je veux dire quand je parle de nuire au développement du langage de son enfant ? 

Je vais commencer par mettre la table et expliquer ce que j’entends par « nuire au développement du langage de son enfant ».

En fait, c’est important de comprendre que la grande majorité des parents n’ont pas l’intention de nuire à leur enfant, que ce soit en ce qui concerne son développement langagier ou tout autre domaine.

La plupart des parents, ce qu’ils veulent, c’est aider leur enfant.

Par contre, ça ne fonctionne pas toujours… malheureusement. 😅

Attention : je ne veux pas attaquer personne. ⚠

Malgré de bonnes intentions, certains parents peuvent nuire à leur enfant. C’est un fait. On est tous imparfaits, donc ça peut arriver.

L’an passé, dans le but de sensibiliser les parents à ce sujet, j’ai décidé de créer un quiz intitulé : « Tes interactions avec ton enfant aident… ou nuisent au développement de son langage ? ».

Ce quiz a soulevé beaucoup de commentaires et d’opinions de la part de certains parents parce que, justement, ils se sentaient un peu attaqués. Ils n’aimaient pas que je dise qu’ils pourraient nuire au développement du langage de leur enfant. 

Pour mieux expliquer mon point de vue et pour rassurer les parents, j’ai écrit un article de blogue détaillé sur le sujet. Dans cet article, intitulé « Est-ce que tu peux nuire au développement de ton enfant ? », je parle entre autres de mon expérience en tant que maman, et de comment ça m’est arrivé de nuire au développement de ma fille. Pas du côté langagier, mais du côté moteur. 

Alors, non, aucun parent n’est parfait. Et quand je parle de « nuire au développement langagier de son enfant », je n’imagine pas un parent au regard machiavélique 👿 qui veut mettre des bâtons dans les roues de son enfant. 

J’imagine un parent ordinaire, un parent comme toi et moi, qui veut bien faire. Un parent qui fait des erreurs, qui est en apprentissage.

Est-ce que tu nuis au langage de ton enfant ?

Parfois, en tant que parent, on peut avoir une attitude, une façon d’agir ou une manière de communiquer qui ne soutiennent pas le développement langagier de notre enfant.

Encore une fois, on ne fait pas exprès. 

Mais, n’empêche que ça peut avoir des répercussions sur l’enfant. Examinons 2 comportements qui peuvent nuire au langage d’un enfant. 

1. Trop soutenir l’enfant.

Trop soutenir un enfant, ça peut ressembler à :

  • Utiliser beaucoup de gestes en parlant pour que notre enfant comprenne ce qu’on veut dire ;
  • Pointer un objet en le nommant ;
  • Répondre à la place de notre enfant quand quelqu’un lui pose une question.

Évidemment, on ne veut pas que notre enfant vive des difficultés. On aimerait toujours être là pour le soutenir et pour l’aider quand il ne comprend pas un mot, ou qu’il a du mal à s’exprimer.

Par contre, quand on aide toujours notre enfant de cette façon, on bloque les occasions qu’il pourrait avoir pour s’exercer (et, éventuellement, pour s’améliorer). En d’autres mots, on l’empêche de s’exprimer ou de comprendre seul. Il va apprendre à se fier à nous, ce qui fera en sorte qu’il aura de la difficulté à communiquer avec les autres quand on n’est pas avec lui. 

Et, parlant de communication…

2. Oublier que le langage sert à communiquer.

Une chose que certains parents ont tendance à oublier, c’est que le langage, à la base, ça sert à communiquer. C’est un outil.

On ne veut donc pas que notre enfant parle juste pour parler, pour dire de beaux mots et de belles phrases. On veut que notre enfant puisse parler pour interagir, communiquer, échanger avec nous. 

Prenons un exemple.

Imagine que tu as un garçon de presque 2 ans. Je vais l’appeler Josué. 

Josué, il ne parle presque pas. Il ne dit vraiment pas autant de mots qu’il devrait pour son âge, et ça t’inquiète.

Dans cette situation, quel sera ton objectif ?

Est-ce que, pour toi, ce sera que Josué puisse élargir son vocabulaire et apprendre le plus de mots possible ?

Ou viseras-tu plutôt à ce que Josué apprenne à utiliser des mots pour communiquer avec toi et les autres ?

Si tu as tout de suite pensé au premier choix de réponse, ne t’en fais pas. Beaucoup de parents pensent comme toi. 

Mais si tu travailles sur le deuxième objectif, celui d’aider ton enfant à communiquer en utilisant des mots, les bienfaits seront plus grands à court terme, right ?

Parce que oui, c’est sûr qu’on aime tous entendre notre enfant dire un nouveau mot. Mais si l’enfant dit ce mot sans aucune intention de communication, sans réaliser que le mot transmet un message, ça ne sert pas à grand-chose.

C’est donc important de ne pas demander à notre enfant de dire des mots ou des phrases pour voir s’il est capable de les dire, mais bien de l’amener à vouloir utiliser des mots et des phrases pour interagir avec les autres.

Une mauvaise façon d’apprendre des mots à ton enfant

Revenons à Josué. Maintenant, imagine que tu essaies de stimuler son langage en regardant un livre imagier avec lui.

Tu ouvres le livre, et tu pointes la première image que tu vois. Tu regardes ton enfant, et tu lui demandes : « Josué, c’est quoi ça ? ».

Ta question est bien intentionnée, mais elle pourrait être meilleure.

En fait, tu as oublié l’objectif principal du langage : communiquer avec les autres.

Quand on ouvre un livre, qu’on pointe une image et qu’on demande à notre enfant de nommer ce qu’on pointe, il n’y a pas d’intention de communication derrière ça.

Ton enfant voit l’image, tu vois l’image. Vous voyez l’image. Donc, si ton enfant répond correctement à ta question, en disant par exemple « banane », « camion » ou « lapin », est-ce que ça aura vraiment servi à quelque chose ?

Pas vraiment. 

Maintenant, je vais être gentille et te donner une deuxième chance de stimuler le langage de Josué. 😉

Comment encourager ton enfant à dire plus des mots

Imagine que toi et Josué êtes en train de jouer avec des jouets d’animaux en plastique.

Tu regardes Josué, et tu lui demandes : « quel animal va manger ? ».

En lui posant cette question, tu lui donnes un choix. La réponse qu’il te donnera aura un impact sur la suite du jeu.

Il y a donc une intention de communication derrière ta question. 

Dans un monde idéal, Josué va nommer un animal, comme le lapin. Mais que faire si Josué ne fait que pointer un animal ?

On peut prendre l’animal en question, le mettre près de notre visage, et le nommer. « Ah, c’est le lapin. Tu veux que le lapin mange. »

Et ça, on peut le répéter plusieurs fois pour que Josué ait le bon modèle verbal. 

Bref, on ne veut pas que notre enfant parle juste pour parler. On veut qu’il parle pour pouvoir communiquer, interagir, échanger. Et, en tant que parent, notre façon de questionner notre enfant ou d’interagir avec lui, ça a un gros impact sur son développement langagier.

Les 3 types de parents que je rencontre souvent 

Voici 3 exemples d’attitudes parentales typiques que j’observe régulièrement et qui peuvent nuire au développement du langage. 

Qui sait ? Tu vas peut-être te reconnaître un peu… 🤭 Et si oui, pas de panique ! Ça ne veut pas dire que tu n’es pas un bon parent, ça veut juste dire que tu peux t’améliorer (comme tout le monde, d’ailleurs).

1. Le parent testeur

Le premier type de parents dont je veux te parler,  je l’appelle « le parent testeur ». 

Le parent testeur, c’est un parent qui pose beaucoup de questions à son enfant pour tester ses connaissances. 

Je te donne un exemple.

Dans le cadre de mon accompagnement parental, l’une des mamans que j’ai rencontrées m’a envoyé un extrait vidéo dans lequel elle et son enfant faisaient une tour de blocs. Cette maman, je vais l’appeler Julie.

Son enfant, Liam, avait à peu près 2 ans et demi ou 3 ans, et il parlait très peu. Il avait une difficulté importante au niveau de son langage expressif. 

Dans l’extrait vidéo, Julie parlait et commentait, mais elle questionnait beaucoup son fils. Constamment, elle lui demandait des choses comme : « Qu’est-ce que tu fais ? Tu mets quoi, là ? C’est quoi, ça ? Il est de quelle couleur, lui ? (en pointant un bloc) ».

Et là, si Liam ne donnait pas les bonnes réponses, Julie le reprenait. 

Par exemple, si Liam ne nommait pas la couleur du bloc qu’elle lui pointait, Julie répondait : « Non, c’est bleu. C’est bleu. Tu la connais, cette couleur-là. C’est bleu. Le bloc est bleu. »

C’est sûr que derrière tout ça, Julie avait l’intention de stimuler le langage de son fils. Elle savait que Liam connaissait les noms des couleurs et elle voulait l’encourager à s’exercer à les dire. 

Mais ici, il n’y avait aucune intention de communication, aucun intérêt pour Liam de répondre aux questions de sa maman. Ça ne lui apportait rien, à part le fait de montrer ses connaissances.

Alors, qu’est-ce que j’ai suggéré à Julie ?

Donner des choix à l’enfant

Eh bien, il n’y a rien de mal à vouloir stimuler des mots précis, comme les noms des couleurs, chez notre enfant. 

Je lui ai donc dit que, si c’est quelque chose qu’elle avait envie de travailler avec Liam, qu’elle devait le faire de manière plus interactive. 

Qu’est-ce que je veux dire ?

Par exemple, j’ai conseillé à Julie de tenir des blocs de couleurs différentes dans ses mains, et de demander à Liam : « tu veux quelle couleur ? ». Ainsi, Liam devra produire le nom d’une couleur pour obtenir le bloc correspondant. 

En donnant un choix à Liam, Julie va créer une intention de communication pour son fils. Liam va comprendre que selon la réponse qu’il va donner, le jeu va changer. Ce qu’il va dire aura un impact sur le jeu, sur les actions de sa maman. 

Avoir une conversation avec l’enfant

Une autre chose que j’ai suggérée à Julie, c’est d’avoir des échanges avec son enfant. 

Par exemple, Julie pourrait demander à Liam : « Quelle est ta crème glacée préférée ? ». Selon la réponse de Liam, Julie pourrait répondre : « Moi aussi, j’aime beaucoup (la réponse de Liam) » ou « Moi, je préfère la crème glacée (une autre saveur). ». Puis, elle pourrait poser une autre question pour poursuivre l’échange, comme : « Est-ce que tu as mangé (la réponse de Liam) quand tu es allé chez Mamie hier ? ».

En tout cas, tu vois le principe. 

L’important, c’est de ne pas poser des questions à notre enfant dans le but qu’il s’exerce à dire des mots. On veut plutôt que les questions qu’on pose aient un impact sur l’interaction qu’on aura avec l’enfant. 

Souviens-toi de ceci : l’objectif principal du langage, c’est la communication.

2. Le parent contrôlant

Le deuxième type de parent dont je veux te parler, c’est le parent qui est contrôlant. 

Le « parent contrôlant », c’est un parent qui, comme le nom le dit, veut tout contrôler. Il veut que les choses soient faites à sa manière. 

Je pense que l’on connaît tous quelqu’un comme ça ! 

Mais quand on joue avec notre enfant, il ne faut pas être trop rigide. Si on essaie de tout contrôler, ça va laisser moins de place à l’enfant pour s’exprimer et pour faire des erreurs. Et si l’enfant n’a pas l’occasion de faire des erreurs, ça nous enlève la chance de commenter ses erreurs et de donner le bon modèle verbal.

Premier exemple d’un parent contrôlant

Une maman qui a fait mon accompagnement parental m’a envoyé une vidéo où elle était en interaction avec son enfant. 

L’enfant et la maman jouaient avec des aimants d’animaux. Chaque aimant représentait la tête, le dos ou les fesses d’un animal, et c’était possible de mettre les aimants un à la suite de l’autre pour former un animal complet.

Dans la vidéo, on voyait que l’enfant avait collé la tête du tigre sur un tableau blanc. La maman a donc tout de suite dit : « Ah, tu as mis la tête du tigre ! ».

Ça, c’est super. La maman faisait des commentaires sur les actions de son enfant, et c’est parfait.

Mais là, elle a continué en disant : « Maintenant, on cherche le dos ! Il est où, le dos du tigre ? ». Une fois le dos mis sur le tableau, elle a repris : « On cherche les fesses ! ». 

Pour la maman, le plus important, c’était d’assembler les animaux correctement. Elle encadrait donc les actions de son enfant pour atteindre son but.

Par contre, je lui ai suggéré de donner plus de liberté à son enfant dans le jeu.
Comme ça, son enfant pourra choisir les aimants qu’il veut coller ensemble. 

Et s’il veut mettre la tête du tigre avec le dos de l’éléphant, sa maman pourrait dire : « Oh, c’est drôle ! Les deux morceaux ne sont pas de la même couleur ! Tu as mis la tête du tigre avec le dos de l’éléphant ! C’est drôle, hein ? ».

La leçon ?

Quand on fait des commentaires sur les actions de l’enfant plutôt que de contrôler le jeu, on suscite l’intérêt de l’enfant, et ça nous donne des opportunités de stimulation langagière.

Deuxième exemple d’un parent contrôlant 

Dans un autre extrait vidéo, j’ai vu une maman et son enfant faire un casse-tête encastré ensemble.

Le casse-tête était déjà assemblé, mais le garçon s’amusait à jouer avec un morceau à la fois. 

En voyant cela, la maman lui a dit : « Non, on va enlever tous les morceaux. Regarde, on les enlève tous. » Après avoir enlevé tous les morceaux du casse-tête, elle les a mis à côté de son fils, et elle lui a demandé d’en prendre un. 

Quand il a choisi un morceau, elle a dit : « Non, pas celui-là. Il ne va pas là. »

Dans cette situation, est-ce que c’était vraiment grave que l’enfant joue avec les morceaux ? Et est-ce que c’était grave s’il ne mettait pas les morceaux aux bons endroits ? 

Vu le contexte de stimulation langagière, la réponse est non. Ce n’était pas grave.

J’ai donc conseillé à la maman de mettre des mots sur ce que l’enfant faisait, et non d’essayer de gérer sa façon de faire le casse-tête. 

On peut aussi poser des questions à l’enfant, l’amener à réfléchir et essayer d’avoir une interaction avec lui (ex. « Quel morceau pourrait aller ici ? », « Est-ce que le morceau est trop grand ou trop petit ? », « Quelle couleur cherches-tu ? »).

Alors, es-tu un parent contrôlant ? 🤔

Si tu t’es reconnue dans cette catégorie, pose-toi une question avant d’entamer une activité avec ton enfant. Demande-toi : quel est mon but en ce moment ? Est-ce que c’est d’apprendre à mon enfant comment faire un casse-tête (ou une autre activité) de la bonne façon ? Ça se peut. Mais si ton enfant a des défis langagiers et que tu aimerais stimuler son langage, la façon traditionnelle de jouer au jeu pourrait peut-être prendre le bord…

3. Le parent « Speedy Gonzalez »

Le dernier type de parents dont je voulais te parler aujourd’hui, c’est le parent « Speedy Gonzalez » (ou, si tu ne captes pas la référence, le parent qui est pressé, qui va trop vite). 

Moi-même, je dois faire attention avec ça, parce que j’ai un débit de parole très rapide. Et, on le sait : parler vite n’est pas une bonne stratégie de stimulation langagière. 😂 

C’est mieux de parler plus lentement, de mettre l’accent sur les mots importants dans notre phrase, etc. Mais, pour moi, c’est difficile, surtout quand je m’emballe. 

Alors, quand je parle du parent « Speedy Gonzalez », je parle du débit de parole.

Mais…

Il y a un autre aspect à prendre en compte.

Est-ce que, en général, on va vite ? Pas juste dans nos paroles, mais dans nos actions ?

Par exemple, certains parents vont jouer au restaurant avec leur enfant. 

Le parent est le client, et l’enfant est le cuisinier/serveur (il manque de main d’œuvre 😜).

Si tu joues à un tel jeu avec ton enfant, est-ce que tu bombardes ton enfant de demandes ? 

« Ah, j’ai faim, mais j’ai soif aussi. Est-ce que je pourrais avoir un verre d’eau ? Merci pour la soupe, mais elle est trop chaude. J’aimerais avoir du pain en attendant que ma soupe se refroidisse. Oh, ça va me prendre du beurre aussi ! J’ai fini ma soupe et mon pain. C’est l’heure du dessert ! »

OK, c’est un peu exagéré, mais tu vois le genre ?

Le parent Speedy Gonzalez, il pose beaucoup de questions sans nécessairement donner à l’enfant le temps de répondre, et il se concentre toujours sur ce qui va se passer après. 

Il va si vite que l’enfant n’a pas le temps d’observer ce qui l’entoure, de faire des commentaires, de prendre des initiatives dans le jeu. 

Le parent ne suit pas les intérêts de son enfant, donc il limite les opportunités d’interagir ou d’échanger avec lui. 

Bien sûr, dans la vie de tous les jours, on est souvent pressé. 

Et quand on est pressé, qu’est-ce qu’on fait ? On comble les besoins de notre enfant avant qu’il n’ait le temps de nous en faire part.

Si on a un rendez-vous et qu’on doit partir de la maison dans 2 minutes, c’est normal de ne pas attendre que notre enfant nous demande de l’aide avant d’attacher son manteau. On va lui dire : « Viens ici, je vais t’aider ».

Mais, est-ce qu’il y a d’autres moments où tu es un peu moins pressée ? Est-ce que tu pourrais profiter de ces moments pour attendre un peu avant de combler tous les besoins de ton enfant ?

Par exemple, au lieu d’attacher son manteau, tu pourrais attendre que ton enfant soit pris avec son zip, qu’il vienne vers toi et qu’il te fasse une demande, comme « aide-moi » ou « besoin d’aide ». Et si ton enfant ne fait pas de demande ? Tu peux lui donner le modèle, en disant : « Tu veux que je t’aide. Dis : “aide-moi” ».

La même chose s’applique pendant le moment de la collation. Si ton enfant mange une compote ou du yogourt, tu peux lui donner une cuillère et sans collation, mais sans l’ouvrir. On laisse faire l’enfant, on observe comment il réagit. Est-ce qu’il va nous demander de l’aide ? Est-ce qu’il va nous tendre sa compote ou son yogourt ? Est-ce qu’il va essayer d’ouvrir le contenant par lui-même ?

Et peu importe la réaction de l’enfant, on peut mettre des mots sur ses actions.

L’idée, c’est que si on apporte de l’aide à notre enfant dès qu’on voit qu’il semble avoir une difficulté, on empêche notre enfant de communiquer avec nous. 

C’est dommage, parce que toutes les productions et initiatives de notre enfant sont super pertinentes. Si notre enfant formule bien ses demandes, c’est super ! Et si notre enfant fait des erreurs, que ce soit au niveau du choix des mots, de la structure de phrase ou de la prononciation, ça nous donne une belle occasion de lui donner un modèle verbal. 

Donc, essayons de ralentir un peu, surtout dans les moments où on n’a pas besoin d’aller vite. 😌

L’avantage des extraits vidéo quand je fais du coaching parental

Bref, tout ça pour dire que notre style parental a une très grande influence sur le développement du langage de notre enfant.

Et maintenant, quand les parents suivent mon programme d’accompagnement parental Parlons ensemble, je peux facilement observer ça grâce aux extraits audios ou vidéos. 

En fait, pendant mon programme, j’utilise un outil d’observation des interactions parent-enfant qui s’appelle COPI (Comportement observé du parent en interaction avec l’enfant). C’est un outil qui a été traduit et adapté au Québec par une équipe de recherche dirigée par Audette Sylvestre, orthophoniste. 

C’est un outil vraiment génial parce qu’il requiert un extrait vidéo d’environ 15 minutes, ce qui permet au parent de retrouver ses habitudes de communication. Après quelques minutes, le parent oublie en quelque sorte qu’il est filmé, donc il revient un peu plus à sa façon naturelle de communiquer avec l’enfant.

Moi, ça me permet d’observer comment le parent interagit avec son enfant. Mais, ici, le but n’est pas de critiquer le parent. C’est d’amener le parent à prendre conscience des moments dans lesquels son attitude, sa façon de parler, sa façon de questionner ou son débit ont un impact sur la communication de l’enfant. 

Je montre mes observations au parent, et on décortique le tout ensemble pour qu’on puisse trouver des alternatives ou des solutions.

Juste le fait de prendre conscience de notre façon d’être, ça fait une grosse différence.

Donc, pour récapituler, j’ai parlé de 3 types de parents : 1) le parent testeur, qui pose trop de questions et qui veut valider les connaissances de son enfant, 2) le parent contrôlant qui veut encadrer son enfant dans les jeux et 3) le parent « Speedy Gonzalez » qui est pressé ou qui va très vite. 

Ce sont les 3 types de parents que je rencontre le plus souvent, mais il y en a plein d’autres ! N’hésite pas à me les partager dans les commentaires si tu as des exemples. Je suis curieuse !

Aussi, je veux t’inviter à faire mon quiz intitulé : « Est-ce que l’accompagnement parental est une bonne approche pour moi ? » (J’aime vraiment les quiz, au cas où tu ne l’aies pas deviné. 🤩) Il te permettra de voir si l’accompagnement parental pourrait être pertinent pour toi, ou si un suivi classique en orthophonie serait préférable pour toi et pour ton enfant. 

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. 

On se retrouve bientôt pour le quatrième épisode de ma mini-série sur l’accompagnement parental ! 💗

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