Épisode 65

Les troubles d’apprentissage en mathématiques - avec Geneviève Rainville

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Lorianne Lacerte - Icône - Apple podcastÉcouter sur GoogleÉcoutez sur Spotify

Quand je repense à mes cours de mathématiques quand j’étais à l’école, j’ai quelques petites phrases qui me reviennent en tête. Des phrases comme : « C’est niaiseux qu’on apprenne ça, ça ne sert à rien ! », ou encore « Je ne vais jamais utiliser ça plus tard ! ». 

Évidemment, vu que j’étais sage et studieuse 😇, ce n’est pas moi qui disais ces choses. Mais des fois, j’étais un peu d’accord. 

Et, avec un peu de recul, c’est vrai que dans toute ma vie d’adulte, je ne me suis pas encore retrouvée dans une situation où je devais désespérément tracer une fonction polynomiale de degré 2. (Mais il n’est pas trop tard. On ne sait jamais. 🤷‍♀️)

Ce que je fais souvent, par contre, c’est cuisiner. Par exemple, si je veux faire 24 cupcakes avec une recette qui en fait juste 12, je dois être capable de multiplier des fractions pour doubler les quantités. 

Au magasin, j’utilise encore une fois des maths. Si je vois une grosse affiche qui dit « MÉGA SOLDE : 20 % DE RABAIS SUR TOUT », je sais qu’en achetant dans cette boutique, je vais économiser l’équivalent des taxes + 5 %. (Je vais peut-être me dire aussi que c’est un peu exagéré d’appeler ça un « méga solde ». 🙄)

Et quand je planifie une activité avec ma famille, je dois déterminer à quelle heure on devra partir de la maison pour ne pas arriver en retard.

Bref, dans la vie de tous les jours, les maths sont utiles. 

Par contre, ça ne veut pas dire que les maths sont faciles. Pour certains élèves, les maths sont même extrêmement difficiles.

Est-ce que ces élèves sont voués à l’échec, ou est-ce qu’on peut les aider ? En tant que parent, à quoi devrait-on prêter attention pour voir si notre enfant a de la difficulté en mathématiques ? Et est-ce possible d’agir de manière préventive pour limiter les risques que notre enfant développe un trouble d’apprentissage des mathématiques ? 

C’est ce dont je parle dans l’épisode 65 avec Geneviève Rainville, orthophoniste et formatrice. 🎧

Quel est le lien entre le langage et les mathématiques ?

As-tu déjà entendu le mot « comorbidité » ? 

C’est un gros mot 😅, mais sa définition est simple : la comorbidité réfère au fait que certaines maladies (ou troubles) se trouvent assez fréquemment ensemble chez la même personne.

Par exemple, on peut penser au diabète et à l’obésité. 

C’est vrai, ce n’est pas parce qu’on est diabétique qu’on est obèse (ou vice versa). Par contre, selon des statistiques, il semble que 20-50 % des personnes obèses souffrent aussi de diabète.

On peut donc dire que les personnes obèses sont plus à risque que monsieur-madame-tout-le-monde d’être (ou de devenir) diabétiques.

Quand on parle de langage et de mathématiques, on peut dire la même chose.

Des chercheurs ont bien prouvé que la dyscalculie est un trouble séparé, à part entière, mais… N’empêche que ce trouble aime souvent s’associer à d’autres amis, comme le trouble développemental du langage, la dyslexie, etc.

Il y a donc un lien direct entre les difficultés langagières et les difficultés en mathématiques. 

Comme le diabète et l’obésité, ces deux types de difficultés ne viennent pas toujours en package deal, mais elles sont fréquemment ensemble.

Donc, un enfant qui a un trouble développemental du langage (TDL) a plus de chances d’être dyscalculique, ou bien dyslexique/dysorthographique. 

D’ailleurs, certains chercheurs ont évalué les compétences mathématiques d’un groupe d’enfants avec un TDL vs un groupe d’enfants à développement typique. Sais-tu ce qu’ils ont trouvé ? 🤔

Eh bien, ces chercheurs ont déterminé que les enfants TDL avaient tendance à avoir certaines lacunes en mathématiques, lacunes que les enfants de l’autre groupe ne présentaient pas !

En voici 5, pour te donner une meilleure idée :

1. Le manque de fluence en calcul

Avant d’embarquer dans le vif du sujet, je vais te raconter une petite blague. 😜

C’est l’histoire d’un gars qui est en entrevue d’embauche, et le directeur de l’entreprise lui demande de citer sa qualité principale. Tout fier, l’homme répond qu’il est rapide en calcul mental. Le directeur de l’entreprise, curieux, lui dit : « OK, 24 x 547 ! ». Instantanément, l’homme crie : « 32 ! ». 

De toute évidence, l’homme était rapide en calcul mental, mais pas très doué. 😂

Quand on parle de fluence en calcul, ce n’est donc pas de ça qu’on veut parler !

On parle d’un enfant qui récite ses tables de multiplication sans hésitation et aussi sans erreur. On parle d’un jeune qui n’a pas besoin de passer trop de temps à réfléchir à une opération mathématique de son niveau avant de donner la bonne réponse.

On parle d’un jeune qui est à l’aise en calcul, rapide, et accurate.

Et ça, c’est quelque chose qui est plus difficile pour les enfants qui ont un TDL. Ça a été prouvé ; ils ont un désavantage. 

2. Difficulté à apprendre le lexique mathématique

Logiquement, si un enfant a de la difficulté à apprendre nouveaux mots, il risque d’avoir de la difficulté à apprendre le lexique mathématique. Le contraire serait pas mal surprenant. 😅

Au moins, certains termes qu’on utilise plus fréquemment dans la vie de tous les jours — et même avec des enfants préscolaires — seront sûrement plus faciles à comprendre pour lui. On peut penser à des termes comme « plus », « moins », « la moitié », etc. Ce n’est pas trop sorcier ! 

Mais quand on embarque dans des concepts comme « ordre croissant » ou « nombre premier », c’est une autre histoire. Je ne sais pas si c’est différent chez toi, mais en tout cas, on n’a pas l’habitude d’utiliser des mots comme ça dans nos conversations chez nous ! 😅 C’est vraiment plus du vocabulaire propre à l’école, propre aux apprentissages en mathématiques…

Et selon Geneviève, il y aurait environ 600 termes comme ça à apprendre au primaire.

600 ! 😳

Ce n’est pas pour rien que les enfants avec un TDL ont souvent plus de difficultés en mathématiques…

3. Difficulté à apprendre la comptine numérique

Ah, la fameuse comptine numérique…

Que ce soit pour donner une chance à notre enfant de se reprendre en main avant d’être puni, pour compter le nombre de personnes qui assisteront à notre party ou pour savoir quand une fusée va décoller 🚀, la comptine numérique fait partie intégrante de nos vies.

Si on ne sait pas compter (surtout rendu à un certain âge), ça va mal ! 😬

Mais les enfants qui ont un TDL ont souvent plus de difficulté à apprendre la comptine numérique. 

Par exemple, un enfant typique de 7 ans va compter jusqu’à 80 (en moyenne). Pas pire, pas pire…

Et l’enfant qui a un trouble de langage, lui ?

En moyenne, à 7 ans, il peut compter jusqu’à 40. 

Oui, tu as bien calculé ! C’est effectivement 2 fois moins. Ça paraît ! 😞

4. Difficulté à lire et à écrire des chiffres

Si je te dis que Sophie a 2 milliards de dollars, ça fait combien de 0 ?

Ne t’en fais pas si tu ne connais pas la réponse ! Plus le nombre est gros, plus on est démuni quand il faut l’écrire en chiffres. 🥴

Ça, c’est normal.

Mais les enfants TDL, eux, ont souvent encore plus de difficultés à lire et à écrire des chiffres. Pas juste des chiffres comme 2 milliards, mais des chiffres comme 17, 54, 109, 204, 2 000, 55 000…

Des chiffres qui sont plus faciles à visualiser, disons !

Au primaire, l’enfant TDL va peut-être inverser des chiffres. 17 va se transformer en 71, 54 en 45, etc. 

Heureusement, avec le temps, cette difficulté peut disparaître.

Mais ce qui risque de rester, c’est le fait d’omettre des chiffres (surtout des 0) en écrivant ou en lisant un nombre. 

Par exemple, dans une dictée où l’enfant doit écrire le nombre 2 000, il va peut-être écrire 200. Et dans un livre qui parle de 55 000 personnes, il lira 5 500 (ou il regardera l’adulte avec un regard de confusion profonde 😕).

5. Difficulté à résoudre des problèmes mathématiques

Manque de fluence en calcul, difficulté à apprendre le lexique mathématique, difficulté à apprendre la comptine numérique, difficulté à lire et à écrire des chiffres…

Évidemment, quand on met toutes ces atteintes ensemble, on voit bien que l’enfant qui a ces difficultés risque fortement d’avoir de la misère avec les problèmes mathématiques. 😅

En plus, pour résoudre des problèmes mathématiques, il faut comprendre le texte et filtrer les données superflues qui sont mentionnées dans le problème. 

Pour un enfant qui a des difficultés langagières, faire tout ça, ça prend énormément d’énergie cognitive. 

L’orthophoniste, spécialiste des difficultés d’apprentissage

Selon le site web de notre Ordre, « l’orthophoniste est un expert de la parole, du langage, de la communication, de l’apprentissage et de la déglutition (action de mastiquer ou d’avaler) ».

Ça veut dire que notre expertise englobe 5 domaines, et que ça inclut les apprentissages.

Donc, une orthophoniste peut très bien aider un enfant qui présente des difficultés en mathématiques, mais aucune difficulté langagière. (Oui, ça existe !)

Par contre, cet enfant pourrait aussi consulter un neuropsychologue ou un orthopédagogue. Comme le dirait Geneviève, « c’est un terrain de jeu partagé, et la place de l’orthophoniste ne se trouve pas seulement dans la section “langage” ».

Mais, comme dans un terrain de jeu, chacun a quand même sa spécialité. 

Donc, si l’enfant a des difficultés en mathématiques et avec son langage, là, c’est vraiment important que ce soit une orthophoniste qui fasse l’évaluation. Et, pareillement, si les difficultés scolaires de l’enfant sont peut-être aggravées par un TDAH non diagnostiqué, ce serait une bonne idée de consulter une neuropsy.

Quand les difficultés langagières ont le dos large

Imagine que tu as un fils qui s’appelle Tommy.

Quand Tommy avait 4 ans, il a reçu un diagnostic de trouble développemental du langage (TDL). 

Un an plus tard, quand il a commencé l’école, les choses allaient relativement bien. Tommy voyait l’orthophoniste une fois par semaine, et son langage s’améliorait petit à petit. 

Puis, Tommy a commencé à apprendre les nombres. C’était très difficile pour lui, et il les inversait souvent. Il n’arrivait pas à mémoriser sa table de multiplication, et il n’était pas capable de lire l’heure sur une horloge analogique. 

Rendu en 3e année, Tommy était en situation d’échec en mathématiques.

À ton avis, qu’est-ce qui est à l’origine des difficultés de Tommy en maths ?

La bonne réponse, c’est « je ne sais pas ». Tu ne le sais pas, et honnêtement, je ne le sais pas non plus.

Pour le savoir, il faut creuser la question. 

On ne peut pas se dire : « ah, il a des difficultés en maths à cause de son TDL ».

Parce que oui, peut-être que les difficultés langagières sont la racine du problème, mais peut-être que Tommy a un TDL et une dyscalculie.

Bref aperçu des critères du DSM-5

Le DSM-5, est-ce que ça te dit quelque chose ?

Non, ce n’est pas un modèle de voiture ni le prénom du fils à Elon Musk ! 😂

En fait, c’est le manuel qui est utilisé en Amérique du Nord pour arriver à un diagnostic psychologique ou à une conclusion orthophonique.  

Et, en tant qu’orthophoniste, on doit toujours réfléchir aux critères du DSM-5 avant de poser une telle conclusion.

Voici quelques informations qui se trouvent dans le DSM-5 en ce qui concerne le trouble des apprentissages en mathématiques (la dyscalculie) :

Le problème sous-jacent

La dyscalculie peut provenir d’un trouble du langage, mais elle peut aussi provenir d’une atteinte cognitive. Dans les deux cas, même si la dyscalculie est accompagnée d’une autre difficulté, l’orthophoniste posera quand même une conclusion de dyscalculie.

« Étiquettes » multiples

Un enfant peut à la fois avoir un trouble de langage, un trouble du spectre de l’autisme (TSA), un TDAH et une dyscalculie. Ça fait un gros cocktail, mais c’est possible. Une « étiquette » n’annule pas l’autre.

Il y a des exceptions par contre, comme la déficience intellectuelle sévère. C’est pas mal obvious qu'un enfant avec une DI sévère aura des difficultés en mathématiques (comme dans toutes les matières, d’ailleurs 😢), donc on n’ajoutera pas une « étiquette » de dyscalculie. Les orthophonistes, on n’est pas affiliées aux compagnies Dymo ou P-Touch, quand même ! 😆

La sévérité

Pour conclure une dyscalculie, il faut non seulement que l’enfant ait des difficultés en mathématiques, mais il faut aussi que ces difficultés soient assez sévères selon les résultats obtenus pendant des tests standardisés.

Bref, les orthophonistes ne se lèvent pas un matin en se disant : « aujourd’hui, je vais donner un minimum de deux conclusions de dyscalculie à des enfants ». Pas du tout ! 🙅‍♀️ Ce n’est pas quelque chose qu’on prend plaisir à faire ni qu’on prend à la légère. On comprend que « l’étiquette » qu’on donne à un enfant peut le suivre toute sa vie et avoir un grand impact sur lui, donc on réfléchit, on analyse, et on réfléchit encore.

Pour en savoir plus sur la dyscalculie, tu peux consulter ce document gratuit que Geneviève a créé.

Le modèle de réponse à l’intervention, tu t’en souviens ?

Dans l’épisode 45, j’ai jasé avec Pascal Lefebvre, et il m’a expliqué ce qu’est le modèle de réponse à l’intervention. Si tu n’as pas encore écouté cet épisode, je t’encourage vraiment à le faire (ou à lire le résumé juste ici) avant de lire cette partie de l’article. 

Tu peux aussi consulter l’épisode 47, dans lequel je parle d’une idée que j’ai eue après ma discussion avec Pascal. En fait, j’ai pensé à intégrer la réponse à l’intervention dans les garderies.

Mais, ce que je trouve super cool, c’est qu’en parlant avec Geneviève, elle a fait allusion à mon entrevue avec Pascal. J’étais trop contente ! 🤩

Et tu sais quoi ? Elle m’a dit qu’elle recommande vraiment le modèle de réponse à l’intervention pour aider les jeunes qui ont des difficultés en maths. Je n’y avais pas pensé, mais c’est tellement intelligent ! 

Donc, au palier 1, on fait un petit dépistage en classe pour identifier les enfants qui ont le plus de difficultés en maths. 

Ensuite, dans le palier 2, on fait de l’intervention en sous-groupe pour aider ces enfants. On réalise que certains de ces enfants avaient juste besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire, et leurs résultats scolaires en maths s’améliorent. Ces enfants-là n’auront pas besoin d’une évaluation.

Au palier 3 (l’évaluation et l’intervention one-on-one), on retrouve donc juste les enfants pour qui le palier 2 n’a pas été suffisant.

Au lieu de faire 12 évaluations dans une classe de 26 élèves, on en fera peut-être juste 2 ou 3. Super efficace, non ? 😁

Et, pendant ce temps, tous les élèves en difficulté ont eu de l’aide. On ne les a pas laissés poireauter sur une liste d’attente pendant des années. On a agi rapidement. 

En plus, quand on met des facteurs de protection autour d’un élève en difficulté avant de faire une évaluation, on empêche parfois qu’il atteigne les critères de sévérité du DSM-5. 🙌🎉 Pas « d’étiquette » de dyscalculie pour lui ! 

5 activités de « pré numératie » à essayer avec ton enfant préscolaire

On entend beaucoup parler de pré littératie (aka la littératie précoce), mais savais-tu que la pré numératie existe aussi ?

Eh oui, it’s a thing ! 

Je te présente donc 5 conseils de Geneviève pour stimuler les maths chez les enfants préscolaires :

1. Compter avec l’enfant

Par exemple, quand on donne le bain à notre enfant et qu’on lui lave les cheveux, on peut dire : « Je frotte ton cuir chevelu avec de la mousse 20 fois. Compte avec moi. 1, 2, 3… 20. » 

Si l’enfant sait juste compter jusqu’à 8, on peut dire qu’on va compter jusqu’à 10, et étirer les secondes au besoin.

On peut aussi avoir comme routine de compter les marches de la maison avec notre enfant avant d’entrer chez nous (les enfants adorent les routines de ce genre 😍).

2. Lancer et attraper un ballon 

Pour les enfants qui aiment bouger, on peut s’amuser à lancer un ballon avec eux back-and-forth jusqu’à ce qu’un de nous l’échappe. Et chaque fois qu’on attrape le ballon, on doit crier un chiffre (en ordre). Ensuite, on peut dire à notre enfant : « Notre record, c’est 8. Cette fois-ci, on va essayer de battre notre record. » 

C’est un peu sneaky… L’enfant pense qu’il fait juste du sport, mais en fait, il travaille aussi les maths. 🤫

3. Faire un rallye dans le quartier

Voici deux types de rallyes qu’on peut faire avec notre enfant :

Un rallye pour stimuler les termes mathématiques

Pour stimuler des mots comme « plus » ou « moins », on peut lancer à notre enfant le défi de trouver la maison qui a le plus de fenêtres dans notre quartier.

Donc, on fait le tour du carré ou on se promène dans la rue, et on regarde les maisons. On peut commencer par la nôtre, et même compter le nombre de fenêtres qu’on voit sur la devanture. 

Bien sûr, on ne veut pas faire peur aux voisins, donc on ne va pas s’arrêter devant chaque maison pour compter les fenêtres, mais on peut quand même regarder vite vite et faire des commentaires sur le nombre de fenêtres (ex. « celle-là n’en a pas beaucoup ; j’en vois juste 2 »). Puis, quand on trouve une maison qui a beaucoup de fenêtres, on espère que notre enfant dira spontanément : « ah, celle-là en a plus ! ». 

Un rallye pour stimuler les nombres

Pour stimuler les nombres, on peut faire un rallye photo avec notre enfant.

Le but, c’est de prendre une photo pour chaque nombre, en commençant par 0.

Par exemple, si un voisin est en train de changer ses pneus et que l’auto n’a plus (0) de pneus, on peut prendre une photo de l’auto. 📸

Même chose pour les autres chiffres. Pour le chiffre 1, on peut prendre en photo un arbre qui a 1 tronc. Pour le chiffre 2, ça peut être une photo de 2 souliers. 

L’important, c’est d’avoir du fun et d’être créatifs ! 

Et si on a de la misère avec certains chiffres (ex. 9), c’est normal, mais on va y arriver. Il faudra juste se montrer plus observateurs. 👀

4. Parcourir la bibliothèque

Comme le dirait Geneviève, « les livres, c’est l’activité par excellence ». 

Je suis tellement d’accord ! 😍

Et pour rendre la lecture encore plus attrayante pour notre enfant, on peut aller à la bibliothèque avec lui et lui donner des missions. 

Certains livres sont conçus pour stimuler les mathématiques, donc on peut demander à notre enfant de nous aider à trouver des livres comme ça. Par exemple : « trouve avec moi un livre où deux personnages doivent partager quelque chose ! » ou « trouve avec moi un livre où les personnages vendent quelque chose ! ».

On peut aussi utiliser des livres qui ont un certain pattern, comme un livre qui montre un wagon à la page 1, 2 wagons à la page 2, 3 wagons à la page 3... Et pourquoi ne pas demander à notre enfant de faire une petite prédiction ? Avant de tourner la page, on peut dire : « Toi, tu penses qu’il y aura combien de wagons à la page 4 ? ». 

Petite parenthèse pour les parents qui ont un bébé : lire aux bébés, ça stimule l’apprentissage des mathématiques. 

En 2013, l’Institut de la statistique du Québec a publié une étude qui avait pour but de déterminer les facteurs qui contribuent à la réussite de l’examen final de mathématiques en 6e année. 

Genre, est-ce que le fait d’habiter en ville, ça aide ? (Spoiler : il semble que oui. 😳)

Mais, en plus du lieu de résidence de l’enfant, il y a autre chose qui favorise la réussite en mathématiques.

C’est… 🥁 L’éveil à la lecture !

Dans l’échantillon de plus de 2000 enfants, l’Institut de la statistique du Québec a trouvé que « 82 % des enfants à qui les parents ou un adulte de la maison faisaient la lecture quotidiennement vers l’âge de 17 mois ont réussi l’épreuve de mathématique, tandis que le taux de réussite est de 74 % chez les autres enfants. » 

Une preuve de plus que la lecture, ça apporte juste du bon ! 🤗 

5. Jouer avec un Tangram

Un Tangram, c’est un puzzle avec des formes géométriques qu’on doit assembler.

On peut s’asseoir avec notre enfant, lever une forme, et lui demander : « Tu penses que c’est quelle forme ça ? ». Après que l’enfant aura répondu, on peut dire « Pourquoi penses-tu que c’est un ** répéter la réponse de l’enfant ** ? Comment est-ce que tu pourrais me convaincre que c’est un ** répéter la réponse de l’enfant ** ? ».

On peut aussi faire des erreurs volontaires, comme lever un triangle et dire : « Je pense que c’est un carré », puis attendre que notre enfant nous corrige et en profiter pour lui demander d’expliquer son raisonnement. 

En tant que parent, à quels red flags dois-je prêter attention en ce qui concerne mon enfant et les mathématiques ?

Voici trois choses que Geneviève encourage les parents à vérifier pour savoir si leur enfant a des difficultés en mathématiques :

1. Les résultats scolaires

Les résultats scolaires en disent long, mais il faut bien les interpréter.

Si la moyenne de la classe en maths est de 62 % et que ton enfant a eu 59 %, ça mène à penser qu’il y a anguille sous roche. 

Peut-être que l’enseignante est partie en congé de maternité 🤰 en milieu d’année et que depuis ce temps-là, des remplaçants se relayent le cours de maths. Peut-être aussi que la matière était vraiment difficile, et que la majorité des élèves auront besoin de faire plus d’exercices pour bien l’assimiler. 

En cas de doute, le best, c’est d’en parler avec l’enseignante. Elle connaît bien ton enfant, et elle connaît aussi le reste de la classe. Elle a une vue d’ensemble.

L’enseignante pourra te dire : « C’est vrai que Zoé semble avoir plus de difficulté que les autres élèves » ou : « Ne t’en fais pas trop, beaucoup d’élèves ont eu de la difficulté avec le nouveau concept et je vais prendre plus de temps pour le réviser avec eux ». 

2. Le sentiment de compétence de l’enfant

Souvent, quand on n’apprécie pas faire quelque chose, c’est parce qu’on a de la difficulté à le faire.

Donc, si tu veux avoir une meilleure idée de comment ça se passe à l’école pour ton enfant, ouvre la discussion avec lui.

Tu peux commencer par lui demander de te parler de sa matière préférée. Ensuite, tu peux lui demander s’il y a une matière qu’il aime moins, peut-être parce qu’il a de la difficulté à comprendre les explications de l’enseignante.

Puis, écoute attentivement la réponse de ton enfant, qui va en révéler long sur son sentiment de compétence face à la matière en question.

Si l’enfant mentionne les maths, et te fait savoir qu’il se sent incompétent dans cette matière, tu sauras qu’il y a matière à enquêter. 🔎

3. L’anxiété liée aux mathématiques

Certains jeunes font de l’anxiété de performance, ce qui veut dire qu’ils sont hyper stressés à l’idée de se faire juger ou évaluer sur leurs compétences. Cette anxiété atteint son peak avant et pendant les examens parce que les élèves se sentent comme si leur valeur dépend de la note qu’ils auront.

Mais ce n’est pas de ce genre d’anxiété dont je veux parler. 🙅‍♀️

Il est plutôt question d’anxiété liée aux mathématiques, pas d’anxiété de performance.

L’enfant qui fait de l’anxiété de performance, il ne paniquera pas à l’idée d’apprendre des nouveaux concepts à l’école. Ce qui le stresse, c’est l’idée de l’évaluation, du jugement, d’un résultat… Pas l’apprentissage comme tel.

Mais un enfant qui a de la difficulté en mathématiques (en particulier s’il est dyscalculique), ce n’est pas juste les examens qui vont le stresser. C’est aussi les matins où l’enseignante va dire : « Bonjour tout le monde ! Aujourd’hui, on va parler pour la première fois de l’addition de fractions qui n’ont pas le même dénominateur. »

Dans cette même phrase, il y a peut-être déjà deux ou trois concepts que l’enfant ne comprend pas, et là, il devra les mettre en pratique. 🤯 

Normal qu’il soit angoissé ! 

Que retenir de cet épisode ?

Comme mentionné en intro, une bonne compréhension des mathématiques est essentielle pour plusieurs domaines de notre vie. Sans les maths, on ne pourrait pas savoir lequel parmi quelques produits est le moins cher, lire l’heure, ou déterminer la durée d’une activité.

Donc, si ton enfant semble avoir des difficultés en ce qui concerne les nombres et les calculs, n’attends pas avant de chercher de l’aide.

Tu connais bien ton enfant, alors suis ton cœur ! 💓 

Il risque de te remercier plus tard. 🤗

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Dans cet épisode, Lorianne Lacerte et Geneviève Rainville, orthophonistes, parlent des troubles d’apprentissage en mathématiques, de la pré-numératie (ou « numératie précoce ») et de l’utilité du modèle de réponse à l’intervention pour aider les jeunes qui ont des difficultés en mathématiques.
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