Épisode 17

Le bilinguisme - avec Mélissa Farkouh

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Lorianne Lacerte - Icône - Apple podcastÉcouter sur GoogleÉcoutez sur Spotify

Dans cet épisode, je reçois Mélissa Farkouh (alias @clinique_mot_pour_mot) et on discute du bilinguisme et de plusieurs mythes qui y sont associés.

L'épisode débute avec l'annonce du début des inscriptions à mon programme d'accompagnement pour les parents d'enfants d'âge préscolaire. Ce programme est intitulé « Parlons ensemble » et présente des conseils personnalisés pour stimuler le langage des enfants au quotidien. Vous êtes invités à vous inscrire à ce programme dès maintenant en cliquant ici

Je vous présente ensuite mon invitée, Mélissa, qui est diplômée de l'Université de McGill depuis 2011 et se spécialise en bilinguisme auprès d'une clientèle pédiatrique et d'âge scolaire. Étant elle-même trilingue et maman de deux enfants bilingues, Mélissa mise sur une approche collaborative entre toutes les personnes impliquées pour permettre à l'enfant de s'épanouir à son plein potentiel. Elle est passionnée du soutien aux éducateurs et aux familles des enfants à besoins particuliers.

Je m'entretiens avec elle pendant plusieurs minutes concernant plusieurs idées fausses qui sont parfois répandues au sujet du bilinguisme chez l'enfant, comme l'idée que le bilinguisme causerait des difficultés langagières. En fait, que l'enfant soit unilingue, bilingue, trilingue ou plurilingue, il se peut qu'il connaisse ce genre de  difficultés. Toutefois, dans le cas d'un enfant qui a un développement langagier normal, l'enfant devrait être en mesure de répondre aux attentes pour son âge (par exemple, dire ses premiers mots vers 12 à 16 mois, faire ses premières combinaisons de mots vers 20 à 24 mois et formuler ses premières phrases vers 30 à 36 mois).

Mélissa explique que plusieurs facteurs peuvent déterminer à quel point un enfant sera à l'aise de s'exprimer dans une langue en particulier, notamment la quantité d'exposition à cette langue, la qualité de l'exposition et l'âge de l'enfant. Dans le développement du bilinguisme, il est nécessaire de laisser le temps à l'enfant de maîtriser les langues en ce qui a trait à la grammaire, le vocabulaire, etc. Il est aussi important de se souvenir que le bilinguisme n'est jamais parfaitement équilibré entre les deux langues : l'une des langues sera toujours dominante, et ce, probablement dû au contexte social de l'enfant.

D'ailleurs, il est possible qu'un enfant choisisse de s'entourer d'amis qui parlent une autre langue que celle parlée à la maison. Pourquoi ? Mélissa m'apprend qu'un enfant qui fait un tel choix semble être plus à l'aise dans la culture de l'autre langue et y a associé des sentiments positifs. Un parent qui veut développer le goût pour une certaine langue dans le cœur de son enfant veut donc s'assurer de ne pas lui imposer cette langue, mais plutôt adopter une attitude positive en ce qui la concerne, par exemple en écoutant de la musique ou en lisant des histoires dans cette langue avec l'enfant.  Une chose est certaine : il ne faut pas forcer un enfant à parler ni une langue, ni une autre.

Mélissa met aussi les parents en garde contre le danger de converser avec leur enfant dans une langue qu'eux-mêmes ne maîtrisent pas, par exemple pour préparer l'enfant à la garderie ou à l'école. En effet, cela nuirait à l'estime de soi de l'enfant et à sa relation affective avec le parent.

Qu'en est-il d'un enfant qui fréquente une garderie où la langue principale n'est pas la même que celle parlée à la maison ? Dans ce cas, l'éducatrice devrait-elle traduire les consignes pour l'enfant ? Selon Mélissa, tout dépend de l'éducatrice et de sa maîtrise de la langue de l'enfant. Si l'éducatrice est à l'aise dans cette langue, elle peut l'utiliser pour converser avec l'enfant et ainsi développer un lien de confiance avec lui. Par contre, afin de s'assurer que l'enfant soit exposé à de bons modèles langagiers, une éducatrice qui ne maîtrise pas la langue maternelle de l'enfant devrait plutôt employer la langue utilisée à la garderie pour expliquer les consignes à l'enfant, peut-être en les simplifiant ou en les accompagnant de gestes. 

Ensuite, Mélissa raconte une situation qui nous arrive fréquemment : un enfant qui parle une langue étrangère et qui fréquente une garderie ou une école francophone mentionne quelques mots en anglais lors de son évaluation en orthophonie. Après enquête auprès des parents, cela semble être expliqué par le fait que l'enfant ait l'habitude d'écouter des émissions en anglais. Quoi faire dans un tel cas ? Comme l'enfant est surtout exposé au français et à sa langue maternelle, Mélissa recommande que l'enfant écoute la télévision dans l'une de ces langues plutôt qu'en anglais. Par contre, elle mentionne que c'est la seule situation où elle recommande aux parents d'éliminer l'une des langues de la vie de leur enfant.  Lorianne et Mélissa sont d'accord : ajouter une langue ou parler plus d'une langue ne rendra pas les difficultés langagières de l'enfant (s'il y a lieu) plus sévères. Un enfant qui éprouve ce genre de difficultés devrait consulter en orthophonie pour obtenir l'aide dont il a besoin.

Pour suivre Mélissa sur Instagram : @motpourmot.orthoponie

Pour la rejoindre par courriel : info@cliniquemotpourmot.com

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Pour suivre Lorianne sur Instagram : @lorianne_orthophoniste

Pour en savoir plus sur mon programme d’accompagnement parental, cliquez ici. 

Pour avoir une idée du développement du langage attendu en fonction de l’âge, consultez mon outil de pré-évaluation du langage pour les enfants de 12 mois à 6 ans

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